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Canicule au travail : vous avez des droits

Canicule au travail : vous avez des droits

Nous traversons une période de forte canicule et tout le monde n’a pas la chance de travailler dans un bureau climatisé.

Et même si c’est le cas, certains d’autres vous ont des conditions de transport très difficiles, avec des températures extrêmes.

De nombreux salariés nous appellent au secours.

Il ne faut pas rigoler avec la chaleur excessive. Elle peut provoquer une nette dégradation de la santé : déshydratation, grande fatigue, problèmes cardiaques, malaises, « coups de chaleur ».

Face à ces risques, vous avez des droits et l’employeur a des obligations précises destinées à protéger votre santé et votre sécurité.

Comment reconnaître un épisode de canicule ?

Depuis 2025, le Code du travail s’appuie sur le système de vigilance de Météo-France pour déterminer les épisodes de canicule.

Les employeurs doivent donc être particulièrement vigilants lorsque Météo-France place un département en :

  • Vigilance jaune : pic de chaleur ou épisode de chaleur persistant ;
  • Vigilance orange : situation de canicule nécessitant des mesures renforcées ;
  • Vigilance rouge : canicule extrême présentant un risque majeur pour la santé.

Nous vous conseillons de consulter régulièrement les bulletins de Météo-France, en particulier si vous travaillez en extérieur, dans des locaux mal ventilés ou dans des secteurs exposés à de fortes températures.

Plus le niveau de vigilance augmente, plus l’employeur doit adapter l’organisation du travail afin de protéger la santé des salariés. En cas d’alerte orange ou rouge, il est parfaitement légitime de l’interroger sur les mesures concrètes mises en place dans l’entreprise pour prévenir les risques liés à la chaleur extrême.

Canicule au travail : l’employeur a des obligations

L’employeur doit analyser les risques liés à la chaleur, que le travail soit effectué en intérieur ou en extérieur.

Cette évaluation doit figurer dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Lorsque des dangers sont identifiés, il doit mettre en place des mesures adaptées pour réduire l’exposition des salariés.

L’objectif est simple : éviter que les conditions de travail ne mettent en danger la santé des travailleurs.

Quelles mesures doivent être mises en place au travail en cas de canicule ?

L’employeur peut agir sur plusieurs leviers :

  • fournir de l’eau potable et fraîche ;
  • aménager les horaires de travail ;
  • reporter certaines tâches aux heures les moins chaudes ;
  • augmenter le nombre et la durée des pauses ;
  • installer des zones ombragées ou rafraîchies ;
  • améliorer la ventilation des locaux ;
  • fournir des équipements adaptés ;
  • informer les salariés sur les risques liés à la chaleur.

L’employeur doit adapter ces mesures aux réalités du terrain, aux contraintes propres à chaque activité et au niveau réel d’exposition des salariés à la chaleur.

Quand l’activité devient impossible, l’employeur peut aussi la suspendre totalement et recourir au chômage partiel.

L’accès à l’eau est une obligation

Pendant un épisode de chaleur intense, l’employeur doit mettre à disposition de tous les salariés une quantité suffisante d’eau potable fraîche.

Cette eau doit rester facilement accessible durant toute la journée de travail. Cette obligation est particulièrement importante pour les salariés travaillant à l’extérieur ou exerçant une activité physique importante.

Dans certains secteurs, notamment le BTP, des obligations complémentaires doivent également s’appliquer.

Existe-t-il une température maximale pour travailler ?

Contrairement à une idée reçue, le Code du travail ne fixe pas de température maximale au-delà de laquelle le travail serait automatiquement interdit.

Même en l’absence de seuil légal, l’employeur doit garantir la sécurité et protéger la santé des salariés.

Lorsque la chaleur devient dangereuse, il doit adapter l’organisation du travail. Si les mesures mises en place ne permettent plus d’assurer la sécurité des travailleurs, certaines activités doivent être suspendues.

Pour les salariés les plus fragiles : une protection renforcée

La chaleur expose davantage certains salariés à des risques pour leur santé.

C’est notamment le cas des salariés souffrant de problèmes de santé, des travailleurs âgés, des femmes enceintes ou de toute personne présentant une vulnérabilité particulière.

L’employeur doit tenir compte de ces situations et adapter les mesures de prévention en conséquence.

Canicule au travail : le droit de retrait est-il possible ?

Le droit de retrait n’est pas automatique dès qu’il fait chaud.

En revanche, vous pouvez quitter votre poste de travail si vous estimez raisonnablement que la situation présente un danger grave et imminent pour votre santé ou votre vie.

L’appréciation se fera au cas par cas en tenant compte de la température, de la nature du travail, de la durée d’exposition, de votre état de santé et des mesures mises en place (ou non !) par l’employeur.

Si vous exercez votre droit d’alerte et de retrait face à une situation que vous estimez dangereuse, votre employeur ne peut pas vous imposer de reprendre votre activité tant que le danger grave et imminent persiste.

Par ailleurs, vous ne pouvez faire l’objet d’aucune sanction disciplinaire ni d’aucune retenue sur salaire si vous aviez un motif raisonnable de penser que votre situation de travail présentait un risque sérieux pour votre santé ou votre sécurité.

En revanche, votre employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour supprimer le danger, sécuriser votre environnement de travail et rétablir des conditions de travail compatibles avec la protection de votre santé.

Quels recours en cas de manquement de l’employeur ?

Lorsqu’un employeur ne prend pas les mesures nécessaires, plusieurs recours existent.

Vous pouvez notamment :

  • alerter votre hiérarchie ;
  • saisir le CSE lorsqu’il existe ;
  • contacter l’inspection du travail ;
  • contacter la médecine du travail ;
  • consulter le service de prévention et de santé au travail ;
  • exercer votre droit de retrait lorsque les conditions légales sont réunies.

Ce qu’il faut retenir

Ne sous-estimez jamais les risques liés à la canicule au travail.

L’employeur a l’obligation de protéger la santé et la sécurité des salariés.

L’accès à l’eau est obligatoire et l’adaptation des horaires, l’organisation de pauses supplémentaires et l’aménagement des postes de travail ne sont pas des options lorsque les températures deviennent dangereuses.

Si votre situation n’est pas tenable ou si votre employeur refuse de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger votre santé, contactez-nous afin que nous puissions vous accompagner :

07 56 87 86 86 – secretariat@syndicat-commerce.fr

Et surtout : si vous présentez des symptômes préoccupants tels que des malaises, des étourdissements, des nausées, une fatigue inhabituelle ou des signes de déshydratation, consultez sans tarder un médecin.

Prenez soin de vous et de vos proches !

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