AccueilEntreprises et grandes enseignesLe BHV : le grand bazar social

Le BHV : le grand bazar social

BHV, une institution à Paris, c’est censé être le temple du bricolage, du rangement, du pratique. Mais ce jour-là, au BHV Hôtel de Ville, c’était le grand bazar.

Tout commence par une réunion syndicale parfaitement légale.

Rien d’extraordinaire donc…

Sauf que la DRH décide soudain que la loi, c’est optionnel, et demande au représentant du Syndicat Commerce de quitter la réunion.

Sans aucun motif, aucune base légale et sans gêne.

Ils font de même avec la représentante du Syndicat des Gilets Jaunes venue aussi à cette réunion.

Le motif invoqué par la direction est : « vous n’avez rien à faire ici », selon les mauvais conseils de la société E-votez,  experte en plateforme de vote électronique.

Devant le comportement de la DRH qui insistait pour que l’on parte, et pour détendre un peu l’atmosphère, nous avons fait une action syndicale qui consistait à s’opposer à sa demande « de quitter la salle » en mettant de la musique, en l’occurrence l’Internationale.

Ainsi, nous pensions qu’une interruption de séance temporaire, le temps de se renseigner auprès de vrais juristes, permettrait de résoudre facilement la situation et de reprendre raison.

Eh bien non. Au lieu d’interrompre la réunion momentanément, comme cela peut se faire parfois, la direction appelle… la police.

Et là, c’est le bazar au BHV.

Quatre agents arrivent.

Dialogue fermé, impossible de défendre nos droits — pourtant clairs — que nous rappelons aux agents sur place, en expliquant que nous avons le droit d’être là comme le prévoit l’article L2314-5 du Code du travail.

Aucune discussion possible : la DRH a sûrement mis le paquet pour convaincre les policiers de nous faire sortir.

Alors, devant la menace de se faire expulser violemment, nous avons été contraints de partir.

Le tout devant des syndicalistes médusés, qui n’avaient pas payé pour un spectacle.

Arrivés au commissariat, l’OPJ remet les choses à l’endroit : aucune infraction, aucune garde à vue, aucune raison valable. Bref, un bazar administratif digne d’un mauvais sketch.

Ce qui s’est passé au BHV n’est pas un simple incident.

C’est une atteinte grave à la liberté syndicale, un abus d’autorité et un dérapage policier qui n’aurait jamais dû exister. Quand un magasin de renommée agit comme ça avec les syndicats, on peut se poser des questions sur l’application du droit envers les salariés.

Pire, on peut se demander si la crise financière que traverse le BHV n’aurait pas un lien avec peut être de mauvais choix stratégiques émanant de la direction.

Ce que cela révèle, c’est que la direction du BHV a commis un délit d’entrave.

Ce délit prévoit des peines d’emprisonnement et une amende importante en nous interdisant cette réunion.

La justice, que nous avons d’ores et déjà saisie, tranchera ce litige.

La direction du BHV voulait peut-être faire du tri.

Résultat : ils ont mis le désordre….. Sauf que la loi, elle, ne se range pas dans un tiroir. Et quand on tente de la contourner… le bazar finit toujours par se voir.

Affaire à suivre.