Pour reconstruire le syndicalisme, on vous propose un début de solution : les syndicats doivent se libérer des confédérations collaborationnistes !syndicalisme

Collaborationniste : qui est partisan d’une politique de collaboration active.

Dans notre article, « Témoignage choc d’un délégué CFDT Carrefour », nous écrivions à propos des centrales syndicales qui ne font plus leur boulot de contre-pouvoir :

« Les centrales syndicales n’existent qu’en tant qu’unions de syndicats. Si les syndicats les quittaient et reprenaient leur indépendance, par exemple lors de la prochaine vague d’élections professionnelles, elles ne seraient plus rien… Il est grand temps de rétablir un véritable rapport de force. »

Des lecteurs nous ont fait remarqué, à juste titre et nous les en remercions, que ce n’était pas clair et que cela méritait d’être développé.

C’est tout à fait vrai et nous allons tout vous expliquer.


Prenez bien le temps de lire ce qui suit, car c’est un sujet très important, hautement sensible et politique. A la fin, vous aurez tout compris.

Quand on parle des centrales syndicales, on parle des 5 organisations syndicales représentatives au niveau national : la CGT, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC.
Que tout le monde connaît :

  • CGT : Confédération générale du travail
  • CFDT : Confédération française démocratique du travail
  • FO : Force ouvrière
  • CGC : Confédération générale des cadres
  • CFTC : Confédération française des travailleurs chrétiens

Elles sont dites « représentatives » au niveau national car ce sont ces 5 organisations qui ont recueilli le plus de voix lors des élections professionnelles dans les boîtes et la fonction publique.

C’est pour ça qu’elles peuvent aller négocier tous les reculs sociaux avec le gouvernement. D’ailleurs on les appelle les « partenaires sociaux ».

On va jouer à casser les idées reçues avec un VRAI / FAUX, c’est parti.


 http://www.syndicat-commerce.fr/carrefour/temoignage-choc-d-ancien-cfdt-carrefour/Idée reçue n°1 :

La CGT, la CFDT, FO, la CGC, la CFTC sont des SYNDICATS.

FAUX ! Ce ne sont pas des syndicats, mais des UNIONS de syndicats. Confédération ou fédération sont des termes qui veulent dire : union, groupement.

syndicalismeLes confédérations sont donc des groupements de syndicats. Elles n’existent que grâce aux milliers de syndicats qui les composent et qui ont choisi de se regrouper sous le même sigle.

Rien ne les y oblige, un syndicat peut tout à fait rester indépendant.

A savoir ! Chaque syndicat est une personne morale (un peu comme une association), il a son compte bancaire, un patrimoine, des adhérents, ses propres statuts déposés en Mairie et son propre nom… associé à une confédération s’il l’a choisi. Il peut ester en justice car il a une personnalité juridique qui lui est propre.

Pourquoi les syndicats choisissent-ils de s’unir en confédération ou en fédération ?

D’abord parce qu’on est plus fort ensemble que séparément, ça c’est une évidence.

Aussi parce que les grandes centrales syndicales sont connues de tous et que ça rassure de faire partie d’une grande structure.

Enfin, parce que la loi sur la représentativité favorise les grandes centrales syndicales déjà installées. C’est un vaste sujet qui mérite un article à lui tout seul.

Le problème, c’est que les confédérations sont devenues tellement riches et tellement proches du pouvoir qu’elles font partie du système et ne sont plus un véritable contre-pouvoir qui fait peur.

Alors que nous subissons des reculs sociaux historiques, que tous les secteurs sont touchés: les salariés du privé, les hôpitaux, les EPHAD, les cheminots, les retraités, les chômeurs, les aiguilleurs du ciel, les enseignants, la justice, les étudiants… Il n’y a pas de réponse à la hauteur de la part des confédérations !

Ces confédérations sont riches à millions, des centaines de millions. Pourquoi ne soutiennent-elles pas financièrement une grève générale, dure et illimitée dans tous les secteurs ? Voilà qui établirait un véritable rapport de force. Le gouvernement serait contraint de revoir sa copie. Et vite.

Il est possible de soutenir financièrement les adhérents qui font grève, nous le faisons bien nous ! Nous provisionnons une caisse de grève sur les cotisations qui nous sont versées. Et nous n’avons pas les mêmes moyens !

Mais ce n’est pas la mission véritable des confédérations. Elles sont là pour centraliser les décisions, compartimenter les secteurs, faire de la « pédagogie », contrôler les militants, casser les grèves. Bref, pour contenir les contestations et les colères.

Il est temps de rappeler leurs missions d’origine à ces empires multimillionnaires que sont devenus les centrales syndicales. Pour retrouver le goût de la lutte et de la solidarité !


 http://www.syndicat-commerce.fr/carrefour/temoignage-choc-d-ancien-cfdt-carrefour/Idée reçue n°2 :

La CGT, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC ont des centaines de milliers d’adhérents.

FAUX ! Un individu ne peut adhérer qu’à un SYNDICAT, pas à une confédération ou à une fédération.

Quand vous décidez de vous syndiquer à la CFDT, par exemple (c’est un exemple, ne vous énervez pas), vous n’adhérez pas à la Confédération mais à un SYNDICAT qui couvre votre champ professionnel et géographique et qui a choisi de s’affilier à la CFDT.

Tout l’argent des cotisations des adhérents vient donc des syndicats. Ces syndicats reversent ensuite une GROSSE part de leurs cotisations aux confédérations, fédérations et autres unions locales ou régionales.

A la CFDT, un syndicat reverse ainsi 75% de ses cotisations aux structures !

C’est énorme. Surtout que le syndicat affilié doit quand même payer son loyer, ses formations, ses salles de réunions, ses drapeaux et tout et tout. Une véritable arnaque ! Et tout ça pour se voir donner des ordres ?

A savoir : non seulement les confédérations et fédérations récupèrent une grande part des cotisations des adhérents, mais elles touchent en plus des millions d’euros de subventions de l’État et des patrons, au titre du « dialogue social ».

On comprend mieux leur complaisance : on ne crache pas dans la soupe, comme on dit.

Et plus une confédération est représentative, plus elle est riche.

Comment gagne-t-elle la représentativité ? Grâce aux syndicats, encore. Lors des élections professionnelles dans les entreprises.


 http://www.syndicat-commerce.fr/carrefour/temoignage-choc-d-ancien-cfdt-carrefour/Idée reçue n°3 :

Au moment des élections professionnelles dans les entreprises, les candidats doivent forcément se présenter sur des listes CGT, CFDT, FO, CGC ou CFTC…

FAUX ! Encore une fois, c’est le syndicat qui décide car c’est lui qui dépose les listes, en accord avec sa section syndicale.

Attention ! Ce qui suit est très important !
C’est une piste sérieuse pour révolutionner le monde syndical !

Au 1er tour des élections professionnelles, un syndicat affilié chez FO par exemple et qui présente une liste de candidats n’est pas obligé de déposer une liste FO !

Il a deux options :

  • Il peut déposer une liste sous le sigle FO
  • Ou il peut déposer une liste avec seulement le nom de son syndicat, sans y faire figurer FO. Et dans ce cas, la représentativité va au syndicat et non à FO.

Il peut le faire, même s’il est affilié à FO !

Peu de syndicats ou de militants le savent.
Nous on le sait parce qu’on est passé par là et qu’on a quelques tribunaux d’expérience.

Attention, il faut que les bulletins de vote soient aussi au nom du syndicat et non de la centrale. Pour que les salariés sachent bien pour qui ils votent.

Si le syndicat a la représentativité, c’est lui qui négociera les accords d’entreprise. Et FO (dans notre exemple), n’aura pas son mot à dire.


Que les choses soient claires, nous ne cherchons pas à diviser les forces, mais à les libérer et les reconstruire pour créer un syndicalisme de lutte !

Parce que là, les gros patrons sont tranquilles, trop tranquilles.

Notre but est de dégager les centrales collaborationnistes installées dans le confort du pouvoir car elles NUISENT A L’INTÉRÊT GÉNÉRAL.

Oui, elles nuisent à l’intérêt général en collaborant activement avec le pouvoir qui, méthodiquement, tel un rouleau compresseur, détruit nos services publics, fragilisent les salariés, stigmatisent les plus faibles, saccagent la planète… tout ça dans un unique but : que les oligarques gardent le pouvoir et s’enrichissent toujours plus, toujours plus, toujours plus.

C’est la dictature du profit, de l’enrichissement personnel au détriment de l’intérêt général. C’est ce que démontre le dernier rapport de l’ONG Oxfam du 14 mai 2018, à lire.

Cela suffit. On va droit à la catastrophe.

Il faut rétablir un contre-pouvoir qui, comme son nom l’indique, fasse peur au pouvoir, c’est-à-dire aux patrons des multinationales qui dirigent le monde. Il faut rétablir un équilibre des forces.


syndicalismeComment ? Figurez-vous que Macron nous donne un moyen. Si si.

Dans ses fameuses ordonnances, Macron fusionnent les instances représentatives (DP, CE et CHSCT) en une seule : le CSE, Comité Social et Economique.

Et toutes les entreprises devront élire un CSE avant le 31 décembre 2019. Ce qui veut dire que toutes les entreprises devront organiser des élections professionnelles en 2018 et 2019.

C’est inespéré. C’est le moment pour les syndicats, pour les militants de la base de gagner leur représentativité pour se libérer du joug des confédérations et autres fédérations collaborationnistes.

Comment ? Tout simplement en présentant des listes et des bulletins de vote au nom du syndicat et non de la confédération lors des prochaines élections professionnelles. Les salariés voteront pour le syndicat et non pour la confédération.

Il faut décentraliser les forces, sortir du contrôle des confédérations qui divisent, nous manipulent et font de la « pédagogie » pour contenir les colères et stopper les grèves.

Il faut créer un choc pour ébranler le système et rééquilibrer les rapports de force.

syndicalismeCe choc permettra aussi de changer l’image du syndicat auprès des salariés qui retrouveront ainsi, nous l’espérons, l’envie de se syndiquer pour se rassembler, être informés et défendus.

Alors si comme nous vous voulez reconstruire le syndicalisme, contactez-nous :
01 53 43 94 55

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