Samedi 29 février, un jour de 49-3 et de violences d’État.

Ce jour-là, le débat sur la très impopulaire réforme des retraites de Macron bat son plein à l’Assemblée Nationale. Trois séances de discussion du projet de loi sont prévues dans la même journée. Rien que ça.

Le même jour, c’est l’acte 68 des gilets jaunes. Et, actualité oblige, une déclaration de manifestation a été faite autour de l’Assemblée pour peser sur les débats et faire entendre la voix du peuple. violences d’ÉtatNormal dans une démocratie, non ?

Dans une démocratie, peut-être. Mais dans la France de Macron, non.

Comme tous les samedis, le préfet de police Didier Lallement a interdit tout rassemblement autour des lieux de pouvoir, dont l’Assemblée Nationale.

Des lieux qui pourtant abritent les représentants du peuple et qui, donc, appartiennent au peuple. C’est bien de le rappeler.

1ère violence d’État du samedi 29 février : interdire autoritairement à des citoyens pacifiques de se rassembler autour de ce qu’on appelle pourtant « la maison du peuple ». Et ce en plein débat sur une réforme majoritairement contestée.

L’État a utilisé cet arrêté préfectoral pour nasser et verbaliser les personnes qui se sont retrouvées autour de l’Assemblée Nationale. Privation de liberté de circuler, de s’exprimer et 135 euros d’amende.

2ème violence d’État.

Après la verbalisation et la dispersion des personnes présentes, un des organisateurs de la manifestation a été arrêté sur ordre de la Préfecture (dixit des agents de la BRAV-M), alors qu’il ne se trouvait plus à l’Assemblée Nationale et se promenait dans la rue.

Il a été envoyé en garde à vue pendant 24H.

3ème violence d’État.

Et ça, c’était à Paris. En province, des violences policières ont encore été relayées en masse sur les réseaux sociaux à l’occasion de cet acte 68 des gilets jaunes.

68 semaines que des citoyens pacifiques s’en prennent plein la gueule parce qu’ils osent exprimer leurs désaccords politiques face un pouvoir qui n’a jamais été aussi méprisant et violent. Du moins dans la Vème République.

Des libertés d’expression d’opinions, de circulation et de rassemblements pacifiques bafouées et violemment réprimées dans toute la France : 4ème violence et SCANDALE d’État.

Toujours samedi 29 février, dans l’après-midi et en raison de l’épidémie du coronavirus, le ministère de la Santé prend une mesure pour interdire tous les rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu confiné et ce, jusqu’à nouvel ordre.

En milieu confiné ? Le même jour, le semi-marathon de Paris 2020 prévu le lendemain et en plein air est annulé.

Dans toute la France, des décisions tombent pour annuler des événements, des marchés…

Le matraquage médiatique est impressionnant. Les gens commencent à flipper.

Alors que, de la bouche même du directeur général de la santé, il y a plus de cas graves de la grippe que de cas graves du Covid-19 dans les hôpitaux. Et bien plus de morts, aussi.

Que les choses soient claires, nous ne portons aucun jugement sur la pertinence des mesures de prévention de santé. Elles sont nécessaires et le public doit être parfaitement informé.

Nous remarquons simplement le timing choisi par le gouvernement pour prendre cette mesure d’interdire les rassemblements. Samedi 29 février.

Nous pointons aussi du doigt la manœuvre sournoise du gouvernement.

En effet, samedi 29 février, il convoque un conseil des ministres exceptionnel pour traiter de l’épidémie de coronavirus… et en profite pour activer discrètement l’article 49.3 de la Constitution permettant de faire passer sans vote la réforme des retraites. violences d’État

Et le 1er ministre vient l’annoncer à l’Assemblée Nationale vers 17H. Alors que les manifestants ont bien été verbalisés et sont dispersés. Et que l’un des organisateurs, souvenez-vous, a été arrêté et envoyé en GAV sur ordre de la Préfecture deux heures plus tôt.

Le 49-3 : 5ème violence d’État du samedi 29 février 2020.

Jamais dans la Vème République, on a vu autant de violences d’État, de dénis de démocratie, de casses systématiques des acquis sociaux, des services publics, du bien commun.

Jamais un Président n’avait autant méprisé le peuple et autant servi les riches.

Nous demandons la dissolution de l’Assemblée Nationale et la démission de Macron.

Nous demandons une constituante et une VIème République au service du peuple.

Et tant que cela ne sera pas, comme le disait Victor Hugo, le devoir ne sera pas rempli.

Le SCID : pour remettre l’humain au centre des décisions