Pourquoi il faut refuser la réforme des retraites ?

parce que la réforme des retraites voulue par Macron nous fait passer d’un système de solidarité à un système de capitalisation, calqué sur celui de la finance, ce qui amènera inévitablement une baisse des futures pensions de retraite.


On s’explique.

Aujourd’hui, notre système de retraites (de base et complémentaire) fonctionne par répartition : les cotisations prélevées sur les salaires de ceux qui travaillent financent les pensions des retraités.

C’est une répartition des richesses, une solidarité, qui s’applique entre les générations et entre les différents régimes de retraites eux-mêmes.

Le principe est qu’on ne peut pas consommer plus que la richesse produite dans le pays en une année. Avec ce système, on décide donc collectivement de partager cette richesse, aussi appelée PIB (produit intérieur brut), entre actifs et retraités.

Ce système solidaire s’oppose au système par capitalisation voulue par Macron.

En effet, le 1er grand objectif de la réforme est le passage à une retraite par points.

http://www.syndicat-commerce.fr/carrefour/temoignage-choc-d-ancien-cfdt-carrefour/Avec le slogan « 1€ cotisé donnera les mêmes droits ».

Dans ce système, les salariés reçoivent des points en contrepartie de leur cotisation tout au long de leur carrière. Chaque salarié cumule ainsi un stock de points qui se transformera en pension mensuelle au moment de la retraite.

Le passage des points à la pension se fait via un coefficient de conversion qui prend en compte plusieurs facteurs comme le nombre d’années cotisées (plus tard on part à la retraite, plus on touche) et l’espérance de vie moyenne du pays.

Lorsqu’un salarié part à la retraite, sa pension correspond donc au nombre de points acquis durant sa vie active multiplié par la valeur du point en vigueur à la date du départ à la retraite.

Mais attention ! La valeur de ces points n’est pas figée dans le marbre, elle peut évoluer dans le temps en fonction de la croissance. Et donc varier à la hausse ou à la baisse.

L’autre nouveauté, c’est la notion d’espérance de vie : plus l’espérance de vie de sa génération est importante, plus le montant de la pension sera faible.

réforme des retraites
réforme des retraites

C’est le principe du rendement défini : si j’ai cotisé 100 sur 43 ans de travail, je devrai recevoir 100 (avec éventuellement un taux d’intérêt en plus ou en moins) au total sur ma vie à la retraite.

Si l’espérance de vie à la retraite en France est de 20 ans lors du départ, je recevrai 100  divisés par 20, soit 5 par an.

Si en revanche l’espérance de vie à la retraite de ma génération passe à 25 ans, je ne recevrai plus que 4 par an.

En bref, le principe de « 1€ cotisé = les mêmes droits » c’est un système calqué sur l’épargne financière, un nombre de points qui dépend directement de la valeur du point et qui diminue automatiquement quand l’espérance de vie augmente.

De plus, le régime par point sera calculé sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les 25 meilleures années, donc la moyenne obtenue sera nécessairement inférieure à la situation actuelle.

réforme des retraites
réforme des retraites

Le 2ème grand objectif de la réforme des retraites Macron, c’est le gel des ressources en plafonnant le poids des retraites à moins de 14% du PIB.

Là c’est simple, on aura un gâteau (correspondant au poids des retraites) qui représentera 14% du PIB au maximum. Donc, plus on est nombreux à se partager le gâteau, plus les parts seront réduites.

On sait déjà que le nombre de retraités va augmenter. Ce plafonnement de l’argent consacré aux retraites revient donc à programmer l’appauvrissement des pensions des futurs retraités.

Pour faire passer la pilule, Macron et son gouvernement utilise toujours les mêmes bonnes vieilles recettes : diviser les gens et détourner l’attention des vrais objectifs de la réforme. Ils vous répètent donc en boucle que cette réforme a surtout pour but de supprimer les régimes spéciaux, soit les « privilèges » de certains.

C’est faux évidemment. Puisque, comme démontré ci-dessus, cette réforme nous impactera TOUS.


C’est une réforme avant tout financière (et non pas sociale comme elle le devrait) qui a pour but de geler le poids des dépenses publiques actuelles, malgré une augmentation programmée du nombre des retraités.

Donc, comme d’habitude, on nous prend pour des cons.

Non seulement il faut refuser cette réforme honteuse, mais il faut revendiquer de nouveaux droits pour améliorer la vie des gens avant et pendant la retraite. Le pays en a les moyens, c’est une question de choix politiques.

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