Et voilà, comme tous les ans à la même date, c’est Noël.

Ah la magie de Noël… L’odeur des marrons grillés, les vitrines de Noël qui s’animent, les décorations qui scintillent, la course effrénée aux cadeaux en tout genre… Cette effervescence toute commerciale qui gonfle d’un espoir mercantile le petit cœur des patrons. Et qui laisse les salariés sur les rotules.

LE SCID SOUHAITE UN JOYEUX NOËL A TOUS !Car oui, pour les salariés qui travaillent dans le commerce, Noël est la période la plus redoutée de l’année. Ce sont des horaires à rallonges, des nocturnes qui s’enchaînent, des dimanches travaillés, des milliers de clients impatients, des trajets qui paraissent interminables, une famille et des amis qu’on ne voit plus…

Des fois, on est tellement fatigués à la fin de la journée, qu’on aimerait dormir sur place.

Noël on en sort au bout du rouleau, les nerfs à vifs et prêt à tuer le prochain qui vous passe «White Christmas».

Car dans le commerce, Noël c’est un vrai marathon :

  • lancer un énergique «Bonjour, bienvenue !», 4000 fois par jour avec un sourire halluciné,
  • rester en toutes circonstances agréable, poli.e et gracieux.se,
  • servir à la chaîne des clients surexcités, tout en leur donnant une expérience d’achat inoubliable (sic)
  • courir partout pour trouver la bonne taille, la bonne couleur
  • revenir à bout de souffle et annoncer au client plein d’espoir «Y’en a plus»,
  • supporter son mécontentement avec calme et dignité,
  • rester, en toutes circonstances agréable, poli.e et gracieux.se,
  • la musique qui hurle toute la journée,
  • les boules qui clignotent,
  • les paquets cadeaux,
  • les étudiants embauchés pour Noël très sympas mais pas formés,
  • les clients qui râlent à la caisse parce qu’on est pas assez nombreux,
  • rester encore et toujours agréable, poli.e et gracieux.se,
  • demander 3000 fois par jour «avez-vous la carte de fidélité ?»,
  • être volontaire pour travailler les dimanches parce que ce n’est pas avec un SMIC qu’on vit et qu’on peut offrir des cadeaux,
  • être volontaire parce que votre manager est venu vous demander plusieurs fois avec un regard inquiétant : «tu es vraiment sûr.e de ne pas être volontaire pour ce dimanche ? »
  • se taper les nocturnes et sortir exténué.e dans le froid et la nuit,
  • attendre son train sur le quai glacé,
  • attendre longtemps parce que la nuit, y’a moins de trains,
  • serrer son sac très fort en espérant que le type là-bas qui vous regarde est sympa,
  • manger seul.e en rentrant parce que tout le monde est couché,
  • Et se dire que demain, ça recommence.

Putain, vivement Noël qu’on en finisse. Et en plus, le 24 décembre tombe un dimanche


Mais ne vous plaignez pas, le 25 décembre est encore un jour férié où les magasins sont fermés. Pour l’instant…

Alors profitez à fond de votre unique journée de repos parce qu’après, c’est les soldes.

Allez, joyeux Noël à toutes et tous !