TRAVAIL LE DIMANCHE: LES GALERIES LAFAYETTE CONDAMNÉES

Partout où des équipes de notre syndicat, le SCID, sont présentes, il y a lutte sans relâche contre le travail dominical, le travail de nuit et contre toutes les atteintes à la dignité des salariés.

Nos positions sont claires et, contrairement à d’autres organisations syndicales, nous estimons que non, tout n’est pas négociable.

Les reculs sociaux et les sacrifices imposés aux seuls salariés pour qu’une poignée de nantis continuent de se gaver, c’est bon, ça suffit. Tout le monde a compris comment ça marche, non ?

DIMANCHENous ne sommes ni des potiches, ni des « partenaires » accompagnant les régressions. Nous sommes un contre-pouvoir face aux employeurs. Et comme nous sommes indépendants, nous sommes libres d’établir un véritable rapport de force avec les patrons. Dans le but de faire respecter les droits des salariés et d’obtenir plus de justice sociale.

Donc, c’est vrai, nous n’hésitons pas à saisir les tribunaux.

Le SCID est présent aux Galeries Lafayette Haussmann. Au grand dam de la direction d’ailleurs. Et ce n’est pas la première fois que nous attaquons cette enseigne au tribunal. Car, malheureusement, certains patrons ne comprennent que ça.

Cette fois, nous avons saisi le Tribunal de Grande Instance de Paris en référé pour faire interdire aux Galeries Lafayette Haussmann de faire travailler des salariés le dimanche, au-delà de 19H.

Pour rappel, la direction des Galeries Lafayette Haussmann a signé le 20 mai 2016 un accord collectif sur la mise en œuvre du travail dominical avec la CFTC et la CGC.

Cet accord prévoit une amplitude d’ouverture à la clientèle du magasin de 11h à 19h. Or, comme les clients peuvent rentrer dans le magasin jusqu’à 19H, il est bien évident que les salariés présents sont contraints de travailler au-delà de 19H. Pour encaisser, pour établir la détaxe aux clients étrangers.

Donc, l’équipe du SCID a d’abord demandé à la direction de se mettre en conformité et de faire en sorte que plus aucun salarié ne travaille au-delà de 19H le dimanche. Pour respecter le droit au repos dominical et à la vie familiale, tel que défini dans leur propre accord.
Réponse de la direction : les salariés qui restent sont volontaires !

Bien sûr.

Y’a un truc qui nous insupporte, c’est la mauvaise foi et la langue de bois. Nous avons donc monté un dossier avec des tickets de caisse au-delà de 19H, des attestations de salariés et hop, au tribunal.DIMANCHE

Nous avons argumenté qu’en autorisant l’entrée dans le magasin des clients jusqu’à 19H, les Galeries Lafayette Haussmann retardent l’heure de fin effective de service des salariés qui, de manière structurelle, ne peuvent respecter les plannings pour lesquels ils ont donné leur accord.

Ce qui constitue un trouble manifestement illicite, peu important que les sociétés affirment ne faire appel qu’à des volontaires, qui peuvent être bien évidemment sous pression hiérarchique et sociale.

L’ordonnance de référé rendue par le TGI de Paris le 8 février nous a donné raison.

Elle précise même :

« A titre préliminaire, il y a lieu de considérer que la demande du SCID de « fermeture des magasins à la clientèle » s’entend non seulement de l’arrêt de l’entrée du public à l’heure de fermeture mais également de la sortie de la clientèle de l’établissement à l’heure dite. » (…)

« Par conséquent, il y a lieu d’en tenir compte et d’ordonner à la société GALERIES LAFAYETTE HAUSSMANN de respecter la fermeture au public à 19 heures LE DIMANCHE sous astreinte de 3.000 euros par infraction constatée. »

Ce qui signifie que plus aucun client ne doit rester dans le magasin à 19H, pour que plus aucun salarié ne soit obligé de rester en service. Concrètement, les Galeries Lafayette Haussmann devront donc fermer leurs portes au public avant 19H. Sinon, boum, 3000 euros d’astreinte par infraction constatée.

Selon nos informations, les Galeries Lafayette Haussmann envisagent de faire appel de cette décision. N’empêche que l’enseigne doit quand-même exécuter la décision de justice. Nous y veillerons, vous vous en doutez.


Cette décision peut s’appliquer dans toutes les autres enseignes disposant d’un accord sur le travail dominical, nous espérons qu’elle servira à d’autres pour faire respecter les droits des salariés.

Le SCID : pour remettre l’humain au centre des décisions